Peut-on lutter efficacement contre la jalousie ?

(Temps de lecture estimé : 5 - 6 minutes)

jalousieParmi les ressentis qui influencent notre psychologie, la jalousie est sans doute l’un des plus communs, mais aussi l’un des plus néfastes.

Soyons honnêtes, qui ne veut pas connaître la même réussite sociale que les personnes que nous considérons charismatiques, qui n’envie pas les jolies femmes qui n’ont qu’à sourire pour que les hommes tombent à leurs pieds, qui apprécie les reportages sur les gagnants du loto ?

La jalousie n’est ni subtile ni positive, mais elle est très certainement complexe. Elle naît d’un conflit psychologique, nous renvoyant à nos propres peurs, notre insécurité.

Nous ne sommes pas jaloux des autres membres de notre environnement parce qu’ils sont détestables, mais parce qu’ils jouissent de qualités (physiques, morales ou matérielles) qui nous font encore défaut.

Si le sentiment est naturel, il est cependant dangereux. La jalousie est en effet un des premiers facteurs d’apparition de conflits (sociaux ou amoureux) voire de violence dans certains cas.

Ceci étant établi, il convient donc de s’intéresser de plus près à ce phénomène afin d’apprendre à le déconstruire : on ne peut décemment pas vivre avec cette hargne, cette haine de la réussite des autres.

L’apaisement psychologique passe par cette acceptation. Sans doute l’une des plus difficiles à entretenir sur le long terme.

1. La jalousie est un sentiment naturel

Avant de comprendre comment se départir de la jalousie, il convient de l’expliquer.

La jalousie, certes dévastatrice, reste compréhensible, universelle.

Elle touche tous les membres d’un même environnement sans distinction de sexe, d’âge ou de milieu social, à différentes échelles.

C’est bien simple, le fait de désirer ce qu’on ne peut obtenir, notamment si d’autres personnes en font l’usage, est un réflexe humain, instinctif.

La jalousie est en quelque sorte un miroir, un reflet concret de ce qui nous manque et voulons posséder et/ou développer dans l’espoir d’augmenter notre légitimité, d’améliorer le jugement d’autrui.

C’est d’ailleurs cette mise en évidence de ce que nous considérons comme des manquements qui nous amène à croire qu’une tierce personne pourra séduire notre partenaire, ou que le succès n’arrive qu’aux autres.

Aussi naturelle soit-elle, la jalousie est un facteur de perte de motivation, d’effritement de la confiance en soi et de l’estime personnelle.

Elle rend la définition d’objectifs clairs et l’objectivité quasiment impossibles en ce qu’elle influence négativement la vision de notre potentiel intrinsèque et fausse l’idée de besoins personnels.

La question qui se pose alors, est de savoir comment lutter contre cette disposition psychologique à l’antipode de la notion de bonheur personnel…

2. La jalousie est une conception erronée de notre environnement

La menace que nous percevons au contact des personnes qui attisent notre jalousie est en grande partie formulée par notre inconscient.

Sans même chercher à établir de relations sociales, ces personnes trop « belles », « intelligentes », « riches », « charismatiques »… sont catégorisées comme toxiques, néfastes.

Au point de développer une certaine rage, une haine qui ne repose que sur une envie de partager leur stature.

Le problème c’est que ce sentiment personnel se base très souvent sur l’apparence, le superficiel.

Mais il est trop facile d’oublier que ces mêmes personnes souffrent, elles aussi, d’une certaine insécurité et font face à leurs propres doutes.

Rapidement, on diabolise, on idéalise les individus jalousés, comme si leur existence même était basée autour de la volonté de nous rabaisser, de pointer du doigt nos lacunes.

La jalousie est toujours dénuée d’objectivité et nous pousse à dépeindre un tableau négatif, qui engendre méfiance et agressivité.

Mais à bien y réfléchir, qui est la première victime d’un tel comportement ? Qui souffre au quotidien de cet état d’esprit ? La personne qui s’en nourrit pour construire son évolution…

3. La jalousie et le regard des autres

Décidément, ce mythe qui voudrait que tous les individus avec lesquels nous entrons en contact nous jugent, nous évaluent et formulent des opinions négatives a la peau dure !

Le regard des autres, c’est évidemment l’une des sources de la jalousie.

Cette nécessité de se comparer, de vouloir faire mieux, de tirer plus de reconnaissance que les autres membres de notre environnement empoisonne notre psychologie.

Au point d’ailleurs de nous empêcher d’être réalistes : la seule personne à laquelle on peut se comparer, c’est nous même.

Chaque être humain est différent et possède son propre système de pensée et de valeurs forgé par l’expérience et la compréhension du monde qui l’entoure.

Pourquoi alors vouloir perpétuellement stimuler la compétition et la volonté d’écraser l’autre ?

Nous ne sommes égaux qu’en droits et obligations. Pour ce qui est du reste, nos potentiels, nos qualités, nos désirs personnels sont totalement différents.

Rien ne nous prouve que notre jalousie soit justifiée ou que ces « victimes » de notre acharnement ne soient pas elles-mêmes envieuses à notre égard.

4. Jalousie et manque de confiance

Dans les faits, la jalousie se matérialise souvent par un sentiment d’inquiétude qui nous pousse à remettre en cause la confiance que nous accordons à autrui et à nous même.

Nous avons tous entendu parler de personnes qui vérifient le téléphone portable de leur partenaire ou qui vérifient leurs e-mails pour s’assurer qu’il/elle n’entretienne pas de relation sentimentale avec une tierce personne.

Mais qu’est-ce que cela exprime ? Si ce n’est un emprisonnement psychologique, une spirale de doute et de mal-être ?

Comment seulement vivre si on doute de tout et de tous, tout le temps ? Ne serait-ce pas là une privation de liberté personnelle et collective ?

Est-ce la manière dont nous voudrions être traités, perçus ? Comme de potentiels traîtres ou des personnes malhonnêtes qui dissimulent la vérité ?

La jalousie relationnelle est un évident facteur de stress et de développement de conflits. Elle n’est en réalité qu’une peur inconsciente d’être délaissé(e), une remise en question de sa propre valeur.

C’est en travaillant sur le renforcement de sa confiance en soi, en acceptant de croire plutôt que de suspecter qu’on peut faire de la jalousie un mauvais un souvenir.

Plus facile à dire qu’à faire ? Peut-être, mais cela représente malgré tout une première étape.

La prise de conscience et l’introspection sont toujours des éléments décisifs quand on aborde la psychologie.

5. Une nouvelle perception pour lutter contre la jalousie

La voilà, l’arme la plus puissante pour lutter contre la jalousie : l’objectivité.

La prochaine fois que vous sentirez cette haine gratuite monter en vous, essayez de vous intéresser aux faits plutôt que de baser votre réflexion sur des suppositions :

    • Vous avez peur qu’on vous quitte ? Repensez à (et listez) toutes les preuves d’amour reçues de la part de votre partenaire, aux épreuves surmontées ensemble et aux bons moments partagés, plutôt qu’aux risques futurs.
    • Vous pensez qu’un individu est « meilleur » que vous ? Focalisez-vous sur vos propres réussites, les obstacles surmontés et la reconnaissance retirée tout au long de votre parcours plutôt que sur l’instant présent et cette négativité grandissante.
  • Vous avez peur d’une personne que vous considérez plus attirante, charmante ou charismatique que vous ? N’oubliez pas que l’appréciation est un phénomène subjectif et que par nature, on ne peut pas plaire à tout le monde.

La jalousie se combat par la définition d’un cadre objectif de vos réflexions et de votre ressenti.

Savoir faire face à ses peurs c’est se permettre de les combattre et de ne pas vivre sous l’emprise du stress qu’elles produisent.

Et vous ? La jalousie vous gouverne-t-elle ? Pensez-vous pouvoir la surmonter ? N’hésitez pas à faire part de vos retours dans les commentaires et/ou sur le forum !

À bientôt !

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Commentaires

  1. Bonjour Jean-Baptiste,

    Je me sens pas jaloux des autres, il y a des gens très riches, j’en ai connu qui n’ont pas nécessairement de vie plus heureuses.

    Je me faisais une conclusion sur l’échec de mes relations amicales ou professionnelles lors de la construction de mon projet de passer un brevet d’éducateur à 46ans. Je me demande justement si les personnes qui m’ont dénigrés (formateur, encadrant à la réinsertion, amis ou relations toxiques) n’étaient pas plutôt jaloux d’un gars qui cherche à sortir absolument des aides absurdes pour un sans emploi et qui se déchaine pour montrer aux autres qu’il vaut bien plus qu’il le pense lui-même (moi) ?

    Ces mêmes personnes qui dénigrent, regarde bien leurs visages ? Sont-ils heureux ?

    Dommage d’avoir une telle mentalité !

    • Bonjour Eddy !

      Merci pour ce retour. La jalousie peut effectivement apparaître n’importe où. L’argent ou le statut social ne fait pas tout. Il y a toujours quelque chose que nous n’avons pas et qui fait envie. C’est le propre de l’Homme. Le tout est de s’en accommoder et de se concentrer sur son évolution personnelle comme tu sembles le faire :)

  2. Bonjour,

    Quel sujet passionnant ! La jalousie… hum, JE ME SUIS GUÉRIE ! Quelle victoire sur le développement personnel quand même ! OUFFF… pas parce que je suis meilleure que les autres, non, plutôt parce que j’ ai été témoin de l’ampleur des dommages qu’elle peut causer, je suis une solitaire introverti et extraverti. Je suis une 2 en 1 !

    Contexte : Je suis issue d’un milieu familial dysfonctionnel (mère/femme toxique qui carburait aux problèmes qu’elle semait partout pour mettre du piquant dans sa vie) et mon père souffrait de jalousie maladive et d’alcoolisme ; il est décédé quand j’avais 10 ans. Conclusion, pas de modèle de comportement parental à reproduire. J’ai pris les miens ailleurs soit à la télé par le biais d’émissions comme Wonder Woman, Le Saint, L’homme de 6 million, entre autre et aussi dans les textes de chanson. Avec le recul, je considère que, d’une certaine manière, je suis chanceuse d’avoir évoluée dans un milieu dysfonctionnel car il m’a permis d’être ce que je suis : heureuse et épanouïe.

    Quand on est enfant, on ne comprend pas tout mais plus tard, les pièces du puzzle se placent d’elles-mêmes et on comprend, a retardement certe, mais on comprend quand même ce qui se passait. Le passé étant souvent garant de l’avenir… j’ai appris jeune à observer ACTIVEMENT les autres et tirer les leçons qui s’imposent.

    Quand j’ai éprouvé cette émotion pour la première (jalousie amoureuse) fois, vers 15-16 ans, je me suis dit que NON, moi je ne finirais pas comme lui (mon père). Mon objectif de vie étant d’être une femme ÉPANOUÏE et fière de l’être. J’ai ramé pour me guérir de ce cancer qui ronge les gens et j’y suis parvenue, pas en un claquement doigt mais sur le long terme. J’ai même poussé le bouchon au point de me mettre dans des situations favorisant son apparition histoire de faire face et combattre. J’ai pris le taureau par les cornes !

    Quand j’ai suivi ma formation en sciences humaines vers l’âge de 20 ans, j’ai appris le triangle amoureux de la jalousie et, bien que j’étais guérie, j’ai pu comprendre l’essence même de cette émotion et ce qui la nourrit. NO WAY, je n’envie personne et ne suis jalouse de personne : Je suis ce que je suis, avec mes forces et mes faiblesses. Les autres sont ce qu’ils sont et que grand bien nous en fasse à tous, point barre !

    Le constat que je peux faire c’est que bien que ne souffrant pas de cette tare, je la suscite chez les autres ! Comme quoi, on ne s’en sort pas nécessairement ! La génétique m’a gâtée (merci maman pour le physique et merci papa pour le cerveau) et ça vient avec du positif et du négatif, j’ai appris à gérer.

    En te lisant, je pense que je sais maintenant pourquoi j’arrive à être très objective dans ma pensée et quand je rationalise, le seul malheur, c’est que je rationalise trop !

    Quand je rencontre quelqu’un qui a une qualité ou une caractéristique que j’apprécie, je ne l’envie pas, non, je m’approprie cette qualité ou cette caractéristique ! En ce moment, je travaille à m’approprier ton hamster J&B !

    Pour ceux qui ont eu le courage de tout lire : BRAVO !

    Cordialement, UNE québécoise

    • Merci Chantal pour ce nouveau témoignage enrichissant.

      Ah les problèmes familiaux… un autre sujet dont les ramifications se retrouvent partout, dans tous les domaines de notre évolution !

      En effet, détermination et volonté sont des armes parmi tant d’autres pour lutter contre le fléau destructeur qu’est la jalousie.

      Quoi qu’il en soit, il est plaisant de voir le débat complété.

      L’appropriation peut aussi aider à limiter la jalousie, à condition bien évidemment qu’elle ne remette pas en cause l’aspect adaptable du processus et n’éclipse pas la personnalité de la personne s’y adonnant (je ne me fais cependant pas de souci à ton sujet!)

      À bientôt !

  3. Dans la description de la jalousie, j’y reconnait une ancienne amitié qui aura duré 15 ans. Du jour au lendemain, elle est passée de ma grande confidente à un démon. Tout d’un coup elle s’est fâchée pour des banalités et elle s’est défoulée sur moi comme son punching-bag. C’est une personne qui disait être heureuse mais qui parlait toujours contre les autres. Eh bien mon tour est venu. De plus, c’était difficile de s’entendre sur les arguments puisqu’elle avait toujours raison sur tout (selon elle). Ses méchancetés gratuites et horrible qu’elle m’a dit ne faisait aucun sens pour moi. Alors en lisant votre article, j’ai vraiment réalisé qu’elle était jalouse de moi. Bien contente que cette amitié soit terminé après tout.

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